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Publié le 12 janvier 2026

Initiative populaire « L’argent liquide, c’est la liberté » et contre-projet direct

Votation populaire du 8 mars 2026 – L’initiative populaire « L’argent liquide, c’est la liberté » vise à inscrire dans la Constitution la disponibilité de l’argent liquide et la désignation du franc comme monnaie suisse. Si le Conseil fédéral et le Parlement soutiennent ces objectifs sur le fond, ils rejettent toutefois leur formulation dans l’initiative. C’est pourquoi ils proposent un contre-projet direct qui se fonde sur les dispositions légales en vigueur.

L’essentiel en bref

En Suisse, les paiements se font de plus en plus souvent sans espèces, par exemple au moyen de cartes de débit ou de crédit, ou d’applications de paiement. Pourtant, la plupart des gens souhaitent conserver le numéraire comme moyen de paiement. Actuellement, il est précisé au niveau légal que la Banque nationale suisse (BNS) assure l’approvisionnement en numéraire (art. 5, al. 2, let. b, de la loi du 3 octobre 2003 sur la Banque nationale) et que le franc est la monnaie suisse (art. 1 de la loi fédérale du 22 décembre 1999 sur l’unité monétaire et les moyens de paiement).

L’initiative « Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou de billets (l’argent, c’est la liberté) » vise à inscrire la disponibilité de l’argent liquide et la désignation du franc comme monnaie suisse dans la Constitution. À cet effet, elle entend obliger la Confédération à veiller à ce que les pièces de monnaie ou les billets de banque soient toujours disponibles en quantité suffisante. De plus, elle prévoit que tout projet de remplacement du franc suisse par une autre monnaie doit être soumis au vote du peuple et des cantons.

Le Conseil fédéral et le Parlement veulent aussi inscrire des dispositions relatives à l’approvisionnement en numéraire et au franc dans la Constitution. Ils rejettent toutefois la formulation de l’initiative, raison pour laquelle ils lui opposent un contre-projet qui repose sur les formulations figurant dans des lois en vigueur.

Ni l’initiative populaire ni le contre-projet n’ont de conséquences pratiques. Ils n’engendrent ni nouvelles tâches ni coûts supplémentaires. En inscrivant les dispositions relatives à l’approvisionnement en numéraire et à la monnaie suisse dans la Constitution, les deux projets visent à faire en sorte que ces dispositions ne puissent être modifiées que si la majorité du peuple et des cantons y consentent lors d’une votation populaire.

Conférence de presse 13.01.2026

Contexte

En Suisse, les gens paient de plus en plus rarement en espèces, c’est-à-dire avec des pièces et des billets. C’est ce que montrent notamment les enquêtes que la BNS mène régulièrement sur les habitudes de paiement de la population. Il y a dix ans, les paiements quotidiens s’effectuaient encore majoritairement en espèces, alors qu’aujourd’hui, ce sont principalement les cartes de débit ou de crédit et les applications de paiement qui sont utilisées.

L’argent liquide n’en reste pas moins très prisé : la dernière enquête de la BNS, réalisée en 2024, révèle que l’écrasante majorité de la population (95 %) est favorable au maintien de l’argent liquide comme moyen de paiement.

Initiative populaire « L’argent liquide, c’est la liberté »

Les auteurs de l’initiative veulent empêcher que les pièces et les billets soient abolis ou supplantés. Ils veulent par ailleurs garantir que le franc reste la monnaie suisse et qu’il ne soit pas possible de le remplacer au moyen d’une simple modification de loi. C’est pourquoi ils demandent l’inscription de dispositions spécifiques dans la Constitution.

Les auteurs de l’initiative demandent l’inscription de deux nouvelles dispositions dans la Constitution :

  • premièrement, la Confédération doit veiller à ce que pièces de monnaie ou billets de banque soient toujours disponibles en quantité suffisante, l’initiative ne précisant pas quelle quantité d’argent liquide est considérée comme suffisante ;
  • deuxièmement, tout projet de remplacement du franc suisse par une autre monnaie doit être soumis au vote du peuple et des cantons.

Art. 99 al. 1bis et 5

1bis La Confédération veille à ce que pièces de monnais ou billets de banque soient toujours disponibles en quantité suffisante.

5 Le remplacement du franc suisse par une autre monnaie est soumis au vote du peuple et des cantons.

Contre-projet direct

Le contre-projet demande lui aussi d’inscrire dans la Constitution ...

  • ... que l’approvisionnement en numéraire doit être garanti, et
  • ... que le franc est la monnaie suisse.

Il prévoit pour cela de transférer dans la Constitution deux dispositions légales existantes sans y apporter de modifications majeures. Ces dispositions précisent que la BNS assure l’approvisionnement en numéraire et que la monnaie suisse est le franc.

Art. 99 al. 1bis et 2bis

1bis La monnaie suisse est le franc.

2bis La Banque nationale suisse assure l'approvisionnement en numéraire.

Comparaison de l’initiative populaire et du contre-projet

Alors que l’initiative propose de nouvelles formulations, le contre-projet reprend pratiquement sans changement le libellé de dispositions légales existantes. Il prévoit notamment que la BNS doit continuer d’assurer l’approvisionnement en numéraire. Selon l’initiative, cette tâche doit incomber à la Confédération.

Aujourd’hui, la garantie de l’approvisionnement en numéraire et la désignation du franc comme monnaie suisse sont régies par des lois. L’initiative et le contre-projet veulent inscrire ces deux règles dans la Constitution. L’effet de cette mesure serait avant tout symbolique : elle soulignerait l’importance de l’argent liquide, d’une part, et du franc comme monnaie suisse, d’autre part. De plus, ces deux règles ne pourraient être modifiées que si la majorité des votants et des cantons y consentaient lors d’une votation populaire (majorités du peuple et des cantons).

Ni l’initiative ni le contre-projet n’entraîneraient de changements dans la vie quotidienne. Ils n’engendreraient ni nouvelles tâches ni coûts supplémentaires. La BNS remplit déjà le mandat consistant à assurer l’approvisionnement en numéraire en Suisse. Le franc est lui aussi déjà inscrit dans la loi en tant que monnaie suisse. En outre, ni l’initiative ni le contre-projet n’instaureraient un droit de payer en espèces ou une obligation d’accepter des espèces.

Arguments du Conseil fédéral et du Parlement

Tant l’initiative populaire que le contre-projet visent à inscrire dans la Constitution l’approvisionnement en numéraire et la désignation du franc comme monnaie nationale. Alors que le contre-projet reprend des dispositions légales qui ont fait leurs preuves, l’initiative utilise de nouvelles formulations, inadéquates. Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l’initiative populaire et soutiennent le contre-projet, notamment pour les raisons suivantes :

Questions et réponses

Contexte

Approvisionnement en numéraire en Suisse

Le franc comme monnaie nationale

Obligation d’accepter les paiements en espèces

Questions générales concernant la votation

Documents

Communiqués de presse