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Le 27 janvier 1945, l’armée soviétique entrait dans le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau et libérait tous les prisonniers restants. Je voudrais ici rappeler les souffrances indicibles endurées par des victimes innocentes de tout âge qui ont subi une mort violente en plein cœur de l’Europe. Un tiers du peuple juif a été exterminé, des personnes appartenant à d’autres minorités - homosexuels, Sintis et Roms - ont été discriminées, persécutées et assassinées. Honneur à leur mémoire.
En adoptant en 2005 la Résolution 60/7, l’Assemblée générale de l’ONU a décrété que le 27 janvier serait proclamé tous les ans « Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste ». La résolution condamne par ailleurs tout déni de l’Holocauste et toutes les manifestations d’intolérance religieuse ou de violence. Enfin - ce qui est très important -, elle appelle les Etats membres à tout entreprendre pour graver les enseignements de l’Holocauste dans l’esprit des générations futures et perpétuer sa mémoire.
Quelles leçons avons-nous tirées de cette catastrophe du 20e siècle, nous qui ne l’avons pas connue ? S’il est une chose à laquelle nous aspirons, c’est un avenir qui serait synonyme de paix et de justice pour tous, bien que le chemin qui y mène soit semé d’embûches : nouveaux conflits, mépris des droits de l’homme, discrimination de la femme, persécution de certaines minorités religieuses, condamnation de toute pensée critique, enfin et surtout, résurgence des nationalismes. Mais nous ne nous laisserons pas décourager pour autant.
Prendre ses responsabilités pour l’avenir en souvenir du passé : Forger un avenir où la paix et la justice occuperaient une plus grande place est une tâche qui n’incombe pas seulement à un gouvernement, à un Etat ou à un groupe d’intérêt, mais d’abord et avant tout à nous tous. Pour pouvoir échafauder l’avenir, il faut d’abord prendre ses responsabilités. Le courage au quotidien peut se manifester de façons aussi diverses que la vie elle-même. C’est en jouant un rôle actif dans la société et dans la vie politique qu’on développe une sensibilité pour les nombreuses injustices qui sont et continuent d’être commises. Carl Lutz, vice-consul suisse en Hongrie dans les années 40, ne pouvait ni ne voulait fermer les yeux sur le traitement inhumain qui était réservé à la communauté juive. Deux expositions à Genève lui sont actuellement consacrées et témoignent de l’engagement dont il a fait preuve. Depuis 2004, de nombreuses écoles suisses organisent autour du 27 janvier diverses manifestations pour commémorer l’Holocauste. J’en profite pour remercier sincèrement les éducateurs, enseignants et responsables cantonaux de l’éducation pour leur précieux travail de transmission de cette histoire tragique. Grâce à eux, la mémoire restera vive lorsque les derniers survivants ne seront plus là pour témoigner.