La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.
Début secteur de contenu
Le Groupe d’action financière sur la lutte contre le blanchiment de capitaux (GAFI) est l’organisme le plus important en matière de lutte internationale contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ses 49 Recommandations constituent les standards reconnus internationalement qu'un pays doit appliquer pour lutter efficacement contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La Suisse, qui a participé activement dès le début aux travaux du GAFI et qui fait figure de pionnière notamment dans les domaines de l'identification des clients et des autres obligations de diligence, a contribué à la définition de ces standards. En juin 2003, le GAFI a révisé, pour la première fois depuis sa création, ses Recommandations sur la lutte contre le blanchiment de capitaux, pour les adapter à de nouvelles formes de criminalité dans les domaines du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme. La législation suisse répond déjà, dans une large mesure, à la plupart des nouveaux standards du GAFI. Dans certains domaines liés à la lutte contre le blanchiment d’argent, la législation suisse relative à la lutte contre le blanchiment s’écarte cependant des Recommandations.
En janvier 2005, le Conseil fédéral a mis en consultation un projet de mise en œuvre des Recommandations révisées du GAFI. Ce projet ayant cependant soulevé des critiques, le Conseil fédéral a chargé le DFF, en automne 2005, de le revoir. Suite à la consultation, en octobre 2005, le système suisse actuel a fait l’objet d’une évaluation portant sur la conformité avec les Recommandations révisées, dans le cadre d’un examen de notre pays réalisé par le GAFI. Le rapport d’évaluation conclut que la Suisse dispose d’un système efficace et efficient en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme[1]. Son dispositif est en effet largement ou entièrement conforme aux standards internationaux dans les principaux secteurs. Toutefois, le rapport relève aussi des lacunes dans le système suisse. C’est également la conclusion du rapport „Mise en œuvre des Recommandations du GAFI à l’étranger et conséquences économiques des Recommandations“ que le Conseil fédéral a approuvé aujourd’hui (cf. documentation de base). Partant de ces constats, le Conseil fédéral a défini aujourd’hui les grandes lignes du remaniement du projet et a chargé le DFF de lui présenter un message d’ici à mi-2007.
Dans le cadre de la consultation, une grande importance a été accordée au maintien d’un dispositif efficace et crédible pour lutter contre le blanchiment d’argent et à la préservation de la bonne réputation de la place financière suisse. Par ailleurs, les mesures proposées par le Conseil fédéral dans certains domaines ont été considérées comme excessives au vu du niveau élevé déjà atteint. C’est pourquoi le Conseil fédéral entend limiter le projet aux points les plus importants.
Les éléments suivants seront repris du projet mis en consultation:
Le projet révisé reprendra également certaines mesures sur la base des résultats de l’examen de notre pays par le GAFI:
Ces mesures n’étant pas comprises dans le projet mis en consultation, le DFF procédera à une audition à leur sujet.
En plus des mesures au niveau de la loi, des adaptations dans les ordonnances des autorités de surveillance compétentes[2] sur le blanchiment d’argent sont nécessaires afin de mieux aligner la législation suisse sur les Recommandations révisées du GAFI. Les travaux relatifs à ces adaptations sont en cours et devraient avancer rapidement.
Dans le cadre de ce projet, le Conseil fédéral entend renoncer à une série de propositions présentées initialement lors de la consultation. Il s’agit notamment de l’assujettissement à la loi sur le blanchiment d’argent des paiements en liquide pour certaines activités commerciales. Le Conseil fédéral décidera de la suite des travaux relatifs aux actions au porteur dans le cadre de la réforme prévue du droit de la société anonyme. Dans le projet mis en consultation, il avait proposé de supprimer les actions au porteur.
Révision par étapes de la norme pénale sur les opérations d’initiés
Le projet relatif aux Recommandations du GAFI proposait également une révision partielle de la norme pénale relative aux opérations d’initiés. Premièrement, l’abrogation de l’art. 161, ch. 3, CP permettra d’intégrer dans cette norme pratiquement tous les faits ayant une influence sur les cours, y compris les avertissements sur bénéfices. La nécessité de la mise en œuvre rapide de cette mesure est incontestée. Le Conseil fédéral a donc également décidé de retirer du projet relatif aux Recommandations du GAFI la révision partielle de la norme pénale sur les opérations d’initiés pour la traiter en urgence. Il a chargé le DFF de lui présenter un message en la matière d’ici à la fin de l’année. Deuxièmement, les mesures permettant de définir certaines opérations d’initiés et manipulations de cours non plus comme délits mais comme crimes (infractions préalables au blanchiment d’argent) seront conservées dans le projet relatif aux Recommandations du GAFI et mises en œuvre dans ce contexte.
Dans le sillage de la révision partielle, qui n’a pas soulevé d’oppositions, du droit relatif aux opérations d’initiés (suppression de l’art. 161, ch. 3, CP), différentes demandes ont aussi été faites en faveur d’un examen en profondeur de la réglementation relative aux délits boursiers et aux abus de marché. Ces questions ne concernent pas seulement le droit pénal, mais également la législation boursière. Une telle révision et l’élaboration de nouvelles mesures présentent toutefois une grande complexité et requièrent davantage de temps. C’est pourquoi le Conseil fédéral a chargé aujourd’hui le DFF - et ceci constitue la troisième étape - d’évaluer, en collaboration avec le DFJP, la nécessité d’une révision approfondie de la réglementation actuelle relative aux délits boursiers et aux abus de marché, y compris les compétences en matière de poursuite.