Département fédéral des finances DFF

La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.

Début sélection langue



Début secteur de contenu

Début navigateur

Fin navigateur

version imprimable Imprimer | partager: Icon Facebook Icon Twitter Icon Google+ Icon LinkedIn 


Initiative pour des impôts équitables

L'essentiel en bref

Déposée le 6 mai 2008, l’initiative populaire «Pour des impôts équitables. Stop aux abus de la concurrence fiscale (Initiative pour des impôts équitables)» demande l’introduction dans la Constitution fédérale de dispositions minimales concernant les barèmes et les taux d’imposition des personnes physiques, ainsi que l’interdiction des impôts dégressifs[1]. Le Conseil fédéral rejette cette initiative sans proposer de contreprojet. Il estime en effet qu’elle remet en question la souveraineté des cantons en matière fiscale et, avec elle, la concurrence fiscale. Ainsi, elle porte atteinte à l’ensemble de la Suisse, dont elle diminue l’attrait par rapport à d’autres pays. De plus, la limitation de la concurrence fiscale diminuerait l’incitation des cantons à offrir un rapport optimal entre le coût et les prestations, ce qui pourrait entraîner une hausse générale des impôts. D’après le Conseil fédéral, il existe des instruments, comme la péréquation financière, qui permettent de maintenir la concurrence fiscale dans des limites convenables. De plus, les impôts dégressifs sont déjà interdits par la jurisprudence du Tribunal fédéral.

Contenu de l'initiativeCette initiative demande l’introduction des principes suivants dans la Constitution:

  • Pour les personnes seules, le taux d’impôt marginal[2] des impôts cantonaux et communaux sur le revenu grevant la part du revenu imposable dépassant 250 000 francs doit se monter à 22 % au minimum. Pour les couples imposés conjointement et les personnes seules vivant avec des enfants, le législateur pourrait fixer une limite plus élevée.
  • Pour les personnes vivant seules, le taux marginal des impôts cantonaux et communaux sur la fortune grevant la part de la fortune imposable qui dépasse 2 millions de francs doit se monter globalement à cinq pour mille au moins. Pour les couples imposés conjointement et les personnes seules vivant avec des enfants, le législateur pourrait aussi fixer une limite plus élevée.

Feuille d’information

  • Pour les impôts directs, qu’ils soient fédéraux, cantonaux ou communaux, le taux moyen ne doit pas baisser lorsque le revenu ou la fortune augmente. Sur ce point, l’initiative est dépassée puisque le Tribunal fédéral a interdit les barèmes dégressifs dans son arrêt de juin 2007 relatifs aux barèmes du canton d’Obwald.

Contribuables et cantons directement concernés

Nombre des contribuables concernés

D'après la statistique de l'impôt fédéral direct de l'Administration fédérale des contributions, 31 581 contribuables (0,69 % des contribuables) ont déclaré un revenu supérieur à la limite préconisée par l'initiative pour la période fiscale 2007 et, à eux seuls, ils ont versés 35 % du produit de l'impôt fédéral direct.

Pour ce qui est de l'imposition de la fortune, 86 127 contribuables (1,82 % des contribuables) possédaient une fortune supérieure à la limite préconisée par l'initiative et disposaient de plus de 48 % de la totalité de la fortune nette imposable.

Cantons concernés

nouveau fenêtre
 Revenu supérieur à 250'000 francs
Pour ce qui est des cantons, 16 cantons (ZH, LU, UR, SZ, OW, NW, GL, ZG, AI, AR, SO, SH, SG, GR, AG et TG) seraient concernés par l’initiative.
nouveau fenêtre
 Fortune supérieure à 2 millions de francs

Raison du rejet de l'initiative

Le Conseil fédéral défend l’autonomie fiscale des cantons et des communes et la concurrence fiscale qui en découle. C'est pourquoi il rejette l’initiative, en particulier pour les raisons suivantes:

  • L’initiative limite l'autonomie tarifaire des cantons et des communes: elle limite la souveraineté des cantons et des communes en matière de fiscalité. Elle met donc en question un des piliers fondamentaux du modèle fédéraliste suisse.
  • L’initiative concerne tous les cantons: elle ne concerne pas uniquement les cantons dont l'imposition du revenu ou de la fortune est inférieure aux taux qu’elle préconise. Sa mise en oeuvre entraîne une harmonisation matérielle des déductions admises, ce qui restreint la marge de manoeuvre de tous les cantons. Ils ne pourraient plus fixer les déductions (par ex. la déduction pour enfants) de manière autonome. De plus, tous les cantons seraient touchés par la diminution de l’attrait national et international des cantons bénéficiant actuellement d’une basse imposition: il y aurait plus de départs et moins d’arrivées de contribuables mobiles. La concurrence locale entre les cantons se porterait sur d’autres domaines, par exemple sur l’offre de services publics et de subventions, ce qui mettrait tous les cantons sous pression et aurait un impact négatif sur l’efficience et la transparence.
  • L’initiative concerne tous les contribuables: même si, dans l’ensemble, seul un petit nombre de contribuables disposent d’un revenu supérieur à la limite fixée par l’initiative, les contribuables à petits ou moyens revenus pourraient être directement touchés par l’initiative car, suivant sa concrétisation légale, ils pourraient voir leur charge fiscale augmenter. Au surplus, tous les contribuables sentiront les effets de la baisse de la concurrence et de l’efficience due à la limitation de la concurrence fiscale et aux conséquences d’une diminution de l’attrait de la Suisse au niveau international.
  • La limitation de la concurrence fiscale a des effets économiques négatifs: La limitation de la concurrence fiscale diminue la prise en considération des préférences régionales et la proximité avec le citoyen. La réduction de l’impact de la concurrence fiscale et de la recherche de l’efficience sur l’action de l'Etat relâchera le frein à la hausse des impôts et à la multiplication des tâches de l’Etat. De plus, l’initiative limite les possibilités des régions périphériques de se positionner favorablement dans la compétition internationale.
  • L’initiative est superflue: La concurrence fiscale ne peut déployer ses effets bénéfiques sur la prospérité de la Suisse qu’à la condition d’être encadrée par des mesures appropriées. Ces mesures existent déjà. Le nouvel aménagement de la péréquation financière et la nouvelle répartition des tâches entre la Confédération et les cantons (RPT) largement acceptées par le peuple et les cantons en novembre 2004 constituent des instruments atténuant les effets négatifs de la concurrence fiscale. En plus de la RPT, la forte progressivité de l’impôt fédéral direct, l’harmonisation fiscale formelle, les principes constitutionnels régissant l’imposition (principe de l’universalité, de l’égalité de traitement et de l’imposition selon la capacité économique), ainsi que la jurisprudence du Tribunal fédéral (notamment celle relative à l’imposition dégressive) conditionnent la concurrence fiscale en Suisse. C’est pourquoi, des limites supplémentaires comme celles que préconise la motion sont superflues.
Comme le Conseil fédéral, le Parlement rejette l’initiative pour des impôts équitables: le Conseil national par 128 voix contre 64 et 2 abstentions, le Conseil des Etats par 29 voix contre 11 et une abstention.

[1] Impôts dont le montant diminue en fonction de l’augmentation du revenu
[2] Le taux d’impôt marginal est le taux grevant chaque franc de revenu ou de fortune supplémentaire

Retour à vue d'ensemble Impôts

Contact spécialisé: info@gs-efd.admin.ch

Fin secteur de contenu


Suivez-nous: Icon Facebook 

Département fédéral des finances DFF
info@gs-efd.admin.ch | Informations juridiques
http://www.efd.admin.ch/dokumentation/02288/02479/02527/index.html?lang=fr